La plupart des familles avec qui je travaille sont anglophones et naviguent dans un système structurellement francophone. Le Québec offre de bons services pour les aînés, mais trouver la version anglophone de chacun d'eux peut ressembler à un travail en soi. Ce guide est une carte des endroits où chercher, organisée selon la question que les familles se posent en premier.
Une note avant de commencer. En vertu de la loi québécoise, les résidents anglophones ont le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux en anglais lorsqu'ils sont raisonnablement disponibles, particulièrement dans les établissements désignés bilingues ou anglophones. En pratique, ce qui est « raisonnablement disponible » varie selon la région et le service. Les stratégies ci-dessous supposent qu'il faudra parfois demander deux fois, ou demander l'établissement qui dessert la population anglophone de votre région.
1. Soins de santé
Le système de santé québécois est organisé en réseaux régionaux appelés CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) et CISSS. Chaque réseau comprend des hôpitaux, des CLSC et des résidences pour personnes âgées. Certains réseaux ont une désignation bilingue, ce qui signifie que les résidents anglophones ont droit à un éventail plus complet de services en anglais.
Les deux réseaux les plus souvent pertinents pour les familles anglophones de l'île de Montréal sont celui qui couvre l'Ouest-de-l'Île et celui qui couvre le Centre-Ouest, qui inclut l'Hôpital général juif. Hors de l'île, les services en anglais sont plus rares et dépendent de l'établissement. Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est le principal réseau hospitalier d'enseignement anglophone pour la région.
Pour les soins primaires au quotidien, un parent inscrit à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) peut demander à être attribué à un médecin de famille via le Guichet d'accès à un médecin de famille. Le formulaire est bilingue ; la langue du suivi dépend du médecin.
2. Soutien à domicile et CLSC
Le CLSC est votre porte d'entrée locale aux services de soutien à domicile financés par l'état : visites à domicile d'une infirmière, d'une travailleuse sociale ou d'un préposé aux bénéficiaires. Les services sont gratuits, mais leur disponibilité est rationnée selon le besoin, et les délais d'attente dans plusieurs régions ont augmenté.
Quelques choses à savoir :
- Vous pouvez appeler directement votre CLSC local pour demander une évaluation. L'appel d'accueil est l'endroit où demander un service en anglais.
- Si un hôpital prépare le congé de votre parent, la travailleuse sociale sur place peut faire une référence au CLSC, ce qui est souvent plus rapide qu'un appel à froid.
- Si les heures financées par l'état sont insuffisantes, le CLSC peut aussi vous expliquer le marché privé du soutien à domicile et les crédits d'impôt qui peuvent s'appliquer.
Les gouvernements fédéral et québécois offrent tous deux des crédits d'impôt qui compensent réellement le coût du soutien à domicile privé pour un parent âgé. La plupart des comptables qui travaillent avec des aînés les connaissent.
3. Organismes communautaires et maintien à domicile
Pour le soutien quotidien qui ne requiert pas un service clinique, les organismes communautaires sont souvent plus utiles que le système public. L'Ouest-de-l'Île et le Centre-Ouest comptent chacun un réseau d'organismes communautaires anglophones desservant les aînés : programmes de repas, visites amicales, transport, soutien aux proches aidants, et services d'information.
Une courte liste de catégories à rechercher :
- Associations de soutien aux proches aidants — groupes qui existent spécifiquement pour le membre de la famille qui prend soin, souvent avec des groupes et du counseling en anglais.
- Programmes de transport bénévole — importants si votre parent ne peut plus conduire mais habite une zone où le transport en commun est limité.
- Livraison de repas — programmes comme « Popote roulante » (Meals on Wheels), où la disponibilité et la langue du bénévole varient selon le quartier.
- Centres pour aînés culturels et ethniques — beaucoup de communautés ont des organismes qui servent leurs membres en anglais, souvent peu importe la géographie.
4. Planification juridique et successorale
La plupart des notaires québécois peuvent servir des clients anglophones, mais ils ne travaillent pas tous régulièrement en anglais sur les dossiers d'inaptitude, où la précision du langage compte. Si un parent n'a jamais signé de mandat de protection, ou si un mandat existe et doit maintenant être homologué, le notaire choisi donnera le ton du dossier.
Si vous n'avez pas encore de notaire, demandez à la personne à qui vous parlez (médecin de famille, travailleuse sociale du CLSC, ami qui est passé par là) un nom en qui elle a confiance. Je travaille avec une poignée de notaires de l'Ouest-de-l'Île et de la région de Montréal qui sont à l'aise avec les dossiers d'inaptitude non contentieux en anglais. Pour les familles qui souhaiteraient une référence, je suis heureuse de partager un nom lors d'une consultation.
Pour en savoir plus sur ces documents : mandat de protection ou procuration et qu'est-ce qu'un régime de protection.
5. Travail social et counseling
Le travail social au Québec est réglementé par l'Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ). Le registre public de l'Ordre permet de vérifier qu'une travailleuse sociale est membre en règle et de chercher par langue et par domaine de pratique. Pour les évaluations d'inaptitude, la travailleuse sociale qui produit le rapport doit être membre de l'OTSTCFQ.
Au-delà de l'évaluation, les familles anglophones ont souvent besoin d'un soutien continu : quelqu'un pour coordonner avec l'équipe médicale, suivre les références au CLSC, assister aux rencontres familiales, ou aider une fratrie à prendre une décision ensemble. C'est le genre de travail que je fais le plus souvent.
6. Navigation gouvernementale
Quelques organismes fédéraux et provinciaux reviennent régulièrement dans les soins aux aînés. La plupart offrent des services en anglais ou des sites en anglais, même lorsque les formulaires imprimés sont plus faciles à trouver en français.
- RAMQ pour la carte d'assurance maladie et la couverture des médicaments.
- Curateur public du Québec pour l'information sur les régimes de protection, la mesure d'assistance et le registre public des mandats et tutelles.
- Service Canada pour la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et les questions liées au RPC.
- Revenu Québec et l'ARC pour le crédit d'impôt pour maintien à domicile et le crédit d'impôt pour personnes handicapées, qui peuvent tous deux s'appliquer aux soins aux aînés.
7. Quand vous ne trouvez pas la version anglophone d'un service
Si un service public n'est pas offert en anglais alors que la loi prévoit qu'il devrait l'être, la voie est de demander, par écrit, un service de l'établissement qui est désigné pour servir la population anglophone. Chaque CIUSSS a un commissaire aux plaintes dont le bureau gère les questions de langue de service. La plupart des familles n'en ont jamais besoin ; pour les cas où cela compte, il est utile de savoir que la voie existe.
À quoi cela ressemble en pratique
La plupart des familles anglophones avec qui je travaille finissent avec une petite carte mixte de services : le médecin de famille à un endroit, le CLSC pour une partie du soutien à domicile, une agence privée pour le reste, un notaire de confiance, et un organisme communautaire pour le soutien aux proches aidants. Les pièces ne s'emboîtent pas naturellement. Assembler la carte fait partie du travail.
Si vous souhaitez de l'aide pour assembler la carte de votre situation, j'offre des consultations gratuites de 15 minutes. Parfois la réponse est « vous avez déjà ce qu'il faut ; voici qui appeler en premier ». D'autres fois, c'est « parlons de la pertinence d'une évaluation psychosociale ». Dans tous les cas, vous repartez avec une prochaine étape plus claire.